Des chercheurs ont démontré
qu’il est possible d’espionner ce qu’un utilisateur tape sur le clavier
de son ordinateur grâce aux vibrations générées et captées par
l’accéléromètre d’un smartphone posé à côté.
C'est l’heure de la minute paranoïaque. On savait déjà que des
malwares installés sur un smartphone pouvaient accéder à son appareil
photo pour dresser un tableau de l’environnement de l’utilisateur. Des
chercheurs du MIT et de l’université de Géorgie ont trouver un nouveau
moyen de détourner nos smartphones. Ils ont ainsi réussi à transformer
l’iPhone en espion, en une sorte de keylogger, de tout ce que vous tapez
sur le clavier… de votre PC ou Mac.
Accéléromètre et réseau neuronal
Pour arriver à ces fins, ils n’ont fait
qu’utiliser les données enregistrées par les capteurs à l’intérieur d’un
iPhone 4. De manière assez intéressante, l’accéléromètre de l’iPhone 3G
S ne semble pas être assez performant et précis pour permettre ce tour
de passe-passe.
Pour le besoin de leur démonstration, l’iPhone 4 est
placé à quelques centimètres du clavier de l’ordinateur. Les touches
sont alors pressées tandis que les données captées sont envoyées à deux
réseaux neuronaux, soit un ensemble de machines capables d’apprendre au
fil du temps.
Le premier réseau apprend la position horizontale de la
touche, tandis que le second s’occupe de la position verticale.
Couplant ces données à l’analyse des fréquences de vibrations reçues,
les chercheurs ont ensuite retenu des paires de mots clés et utilisé un
dictionnaire pour affiner l’extraction de données. Ils ont ainsi obtenu
un taux de résultat positif dans les données récupérées de l’ordre de
80%. Même si la précision baisse avec l’augmentation du nombre de
touches pressées/lettres ajoutées et que la reconnaissance de mot est
seulement de 46%, avec un saut à 73%, si un second mot est saisi.
Potentiel
Certes moins précis que d’autres
solutions comme l’écoute du bruit produit pas les touches avec un
microphone très performant, cette méthode a pour « avantage » de pouvoir
être intégrée dans un malware glissée dans une application a priori
inoffensive, indiquent les chercheurs.
Evidemment, il est facile de
contourner ce risque en ne posant pas son téléphone à côté de son
clavier ou à une distance suffisante. Le plus sûr demeurant de le
laisser dans un sac ou dans la pièce voisine…
Source: Pierre Fontaine, 01net